Colobane, ce quartier carrefour qui a abrité la fameuse « Cité des artistes plasticiens » de Dakar, fut et reste un univers marqué par une atmosphère toutes couleurs, sons et lumières. Le milieu a très tôt déterminé l’homme ; Jules a côtoyé de grandes figures de l’art telles le peintre de l’histoire : Alpha Walid DIALLO du Sénégal qui le voyait déjà parmi les plus grands, même si étant très jeune.
Neveu du célèbre doyen des cinéastes africains, le regretté SEMBENE Ousmane, jules LYLAH est un artiste autodidacte très engagé. Personnage multidimensionnel, il transmet ses messages à travers les formes, les couleurs et les vers. Car, loin de taquiner la muse, il maîtrise bien sa plume à versifier et ses brindilles magiques.
Inclassable, Jules navigue à l’aise aussi bien dans le figuratif que dans l’abstrait; sa technique de peinture donne à la toile toute sa souplesse sans aucune forme de surcharge. Comme qui vivait dans la mer, à côté des poissons, il nous plonge souvent dans un univers merveilleux où l’eau coule calmement, mais souvent, il nous entraîne dans les profondeurs d’un monde apocalyptique.
« Virgule du verbe qui circule » comme disait l’autre, Jules a présenté en 1989 au Théâtre National Daniel Sorano sa première exposition personnelle. Ce qui fait la particularité chez lui, c’est son sens de la méthode et sa grande méticulosité. Cette expo annonçait déjà l’avènement d’un art nouveau.
Sélectionné aux jeux olympiques d’Atlanta (U.S.A) dans une manifestation dénommée « Celebrate Africa » en 1996, cet artiste talentueux aborde des thématiques qui ont toujours jalonné son travail.
Quelques années après, Jules revient sur les cimaises et occupe en 1999 l’espace du Centre Culturel Blaise Senghor. En 2000, il présente à l’Alliance Franco-sénégalaise une exposition intitulée « Pénombre du jour » qui s’insurgeait contre l’occupation anarchique de la voie publique. Preuve qu’à Dakar, chacun installe son commerce comme il veut. Sans souci pour les passants et les voisins dont on restreint les mouvements, donc la liberté. C’est ce regard critique que jette cet artiste. En 2001, Jules revenait sur les cimaises de la Galerie Nationale. Une occasion pour lui d’éclabousser de son audace l’espace de l’avenue Sarraut avec sa « Népherde » ou réplique du soir, femme d’Afrique très belle, habillée à l’image de nos mères et grand-mères. En 2002, il refait parler de lui lors de la semaine nationale de lutte contre la drogue. L’année suivante, il représenta la région du Cap-vert à la foire internationale de Dakar. Toujours en 2003 et 2004, il devenait l’hôte du cercle de la rade. Rendant hommage aux victimes du « Joola » et condamnant aussi les attentats de Madrid qui ont causé la mort de plusieurs innocents.
Décidément, cet artiste détenteur de milliers d’œuvres et autant de poèmes est bien à l’aise dans l’art de transmettre des sensations. Il suffit pour en avoir la preuve de contempler ses œuvres.
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